Africain béninois de souche, j’ai vu le jour en 1980 dans la grande cité historique d’Abomey, capital de l’ancien royaume fon du Danxomè. Issu d’une famille de forgeron, j’ai l’art dans les veines comme le sang.

Seulement contrairement aux miens qui s’expriment à travers le fer, j’ai fait le choix de la terre, cette terre argileuse d’Abomey témoin de grands faits d’histoire. Dans tous mes tableaux, ce matériau reste l’élément essentiel. Ainsi, sans la terre d’Abomey mon art n’existerait peut être pas. Pour les observateurs de mon travail, l’omniprésence et la récurrence de ce matériau dans la composition de mes tableaux relève d’une obsession, certains estiment que la terre pourrait parfois se substituer à ma signature.

Partant ils se posent beaucoup de questions. Il y en a qui se demandent d’où peut bien venir cette attachement qui selon eux est expressif d’un certain lien affectif. A cette question je réponds simplement que c’est pour donner un peu de moi à mes œuvres que j’utilise cette terre qui m’a vu naitre, qui m’offre l’hospitalité à laquelle je retournerai certainement au soir de vie, bref cette terre qui est tout pour moi, cette terre que j’adore.

En effet pour raison d’étude il m’est arrivé de quitter Abomey mais toutes les fois que l’art qui grogne en permanence en moi prend le dessus sur tous autres ambitions et projets, j’éprouve toujours l’envie de retourner à la terre de mes aïeux. C’est ça mon identité, c’est aussi ça la particularité de mon art. J’y tiens grand compte dans tout ce que je fais. D’aucuns trouvent que ce faisant j’entretiens des rapports étroits avec la matérialité surtout quand ils doivent ajouter à cet amour pour la terre natale ma tendance à récupérer d’autres objets de mon milieu de vie comme les cauris, symbole de l’argent et de la fortune pour en faire des objets d’utilité artistique.

Je n’ai pas fait une université des beaux arts, je suis un autodidacte puisque c’est le terme qui désigne des gens comme moi et je suis fiers de l’être parce que ainsi, je travaille sans tenir compte des théories pré élaborées. Alors bienvenu sur les bienfaisants et hospitaliers plateaux d’Abomey.